équipages dans la tourmente

 

Sergent-Chef pilote


23 ans, fiancé, fils unique.


Mort pour la France le 17 mai 1940 aux commandes du LeO 451 n° 61, abattu à Floyon (59) par la 2./JG 2

Hervé Bougault


Hervé Jean Bougault, né le 2 février 1917 à 18h30 à Rennes (35), 2 rue Pontgérard, fils de Georges Emile Joseph Bougault, avocat, et de son épouse Germaine Marie Dupré.


Cheveux bruns et yeux marrons, visage ovale, teint mat.

1m75.


N° matricule au recrutement de Rennes : 2329, classe 1937.


Scolarité brillante à l’Institution Saint-Martin à Rennes

Bachelier mathématiques le 8 juillet 1935

Luciole

du Musée de l’Air

Le souvenir

L’Aéro-Club d’Ille et Vilaine perpétua un temps le souvenir d’Hervé Bougault :


Son premier avion d’après-guerre, le Stampe SV-4C n° 263 (immatriculé F-BCGQ), fut en effet baptisé, le 20 octobre 1946, du nom «Sergent-Chef Bougault» :


Le mauvais temps qui sévissait hier matin pouvait faire craindre que soit compromis le succès de la nouvelle fête aérienne organisée à l’aérodrome de Saint-Jacques-de-la-Lande par l’Aéro-club d’Ille et Vilaine avec le concours du Pigeon Sport Rennais.

Les spectateurs furent cependant fort nombreux et la fête en tous points réussie. Le soleil du reste daigna se montrer pendant tout l’après-midi. Hier matin les avions visiteurs, venant de la base aéronavale du Poulmic, étaient arrivés à Saint-Jacques; Un bimoteur «Anson» avait à son bord le lieutenant de vaisseau Goulet de Reggy [LV Robert Goullet de Rugy], commandant l’escadrille 56 [50 S] du Poulmic, et trois «Stinson» étaient pilotés par le premier maître Fontmarty, le premier maître Prioux et le maître Malabry.



Baptême d’avions


à 11 heures avait lieu le baptême de l’Avion-Ecole «Stampe» et du planeur «C-800» dont les marraines étaient Madame Paul Hutin et Mademoiselle Germaine Philippe. La pluie obligea les invités à s’abriter sous un hangar, où furent amenés les trois «zincs» que possède maintenant  l’Aéro-Club : le «Stampe», les planeurs «C-800» et «Castel 301».

Autour de Madame Hutin et de Mademoiselle Philippe nous avons remarqué notamment la présence de Madame Bougault, mère du Sergent-Chef Hervé Bougault, héroïquement tombé pour la France en 1940 et dont le nom était donné au «Stampe», premier avion reçu par l’Aéro-Club d’Ille et Vilaine depuis la reprise de son activité.

Ouest-France du mercredi 19 septembre 2007 (Edition : Rennes 1)

Proposition du Cdt Lauzin pour la Médaille militaire :


sous-officier pilote venant de la réserve, avait la compétence et l’habileté professionnelle des meilleurs. Déjà cité pour une mission de reconnaissance profonde particulièrement réussie. A trouvé une mort glorieuse, le 17 Mai, au retour d’une mission de bombardement

Proposition du  Cdt Lauzin pour l’attribution de la Croix de guerre avec palme :


sous-officier pilote, plein de cran et d’ardeur. A effectué le 17 Mai 1940, malgré une forte réaction de la D.C.A. ennemie, une mission de bombardement à basse altitude sur des colonnes motorisées ennemies. Au retour de mission a trouvé une mort glorieuse, son avion ayant été abattu par la chasse adverse.

Par lettre du 19 août 1942 le service du personnel de l’armée de l’air transmettait à Madame Bougault les textes des citations de son fils et du décret lui accordant la médaille militaire à titre posthume accompagnés des Croix de Guerre et Médaille correspondantes, en l’assurant selon la formule type consacrée que «l’armée de l’air conserve fidèlement le souvenir du Sergent-Chef Bougault»...

Stampe SV4C n° 263 F-BCGQ


Fort de son bagage aéronautique le soldat de 2e classe Hervé Bougault est incorporé le 20 octobre 1937 comme élève-pilote militaire à Istres (13) au Bataillon de l’Air n° 125 (services comptant du 15 octobre 1937) et est affecté à la 3e Compagnie (matricule 7133).


En décembre 1937 il effectue ses premiers vols militaires sur MS 230, et est lâché après 6h54 de vol sur le MS 230 n° 250.


Breveté pilote militaire le 5 mars 1938 sous le n° 26176.


Par ordre du Centre-Ecole n° 52 du 11 avril 1938, Hervé Bougault (classé deuxième ex aequo sur 23 soldats avec une moyenne de 15,18) est inscrit au tableau d’avancement pour le grade de Caporal. Sa nomination à ce grade sera prononcée à compter du 11 avril 1938 par ordre du Centre-Ecole n° 53 du 22 avril 1938.


Classé premier sur 30 caporaux-chefs et caporaux  ((avec une moyenne de 17,43) Hervé Bougault est inscrit par décision n° 362-CE du 15 juin 1938 (Ordre du Centre-Ecole n°59) au tableau d’avancement pour le grade de Sergent. Sa nomination à ce grade sera prononcée à compter du 16 juin 1938 par ordre de l’Ecole n° 60 du 7 juillet 1938.


Lors d’une permission à Rennes effectue le 14 août 1938 un ultime vol civil sur le Luciole F-ANTD.


Le 20 septembre 1938 est lâché sur le LeO. 20 n° 211.


Le 21 octobre 1938 le Sergent Bougault, dirigé sur la 31e escadre, quitte la 3e Compagnie de la Base Aérienne d’Istres.


Affecté à la Base Aérienne de Tours (31e Escadre Aérienne) le 23 octobre 1938 par DM 469/1 du 22 octobre 1938.


Arrivé au Bataillon de l’Air n° 109  le 7 novembre 1938 et affecté au I/31 (matricule 8276).



Parti aux armées le 2 septembre 1939


Passé par organisation du bataillon de l’air n°109 au Bataillon de l’Air n°101 à Toulouse (exécution de la DM 086/I/IS/EMAA du 16 septembre 1939.


Nommé Sergent-Chef par ordre n° 41 du cdt de la 31e escadre du 9 avril 1940 à compter du 9 avril 1940.



Au 30 avril 1937 il totalise 93h16 de vol.


A partir de mai 1937 il intègre la section d’aviation populaire de l’aéro-Club d’Ille et Vilaine (chef pilote Marcel Decombe).


4 juillet 1937 Rallye aérien à Orly




Le 18 octobre 1937 sur le Luciole F-ANTD, il effectue le dernier vol de sa vie civile, atteignant ainsi un total de 230h34 de vol aux commandes de 5 modèles différents d’avions :


Farman 200 n° 7205.18 immatriculé F-AJSB


Caudron-Renault Luciole

C. 272/2 n° 9/6830 immatriculé F-AMSJ

C. 272/3 n° 9/7044 immatriculé F-ANTB

C. 272/3 n° 9/7046 immatriculé F-ANTD

C. 272/5 n° 40/7282 immatriculé F-AOPI

C. 272/5 n° 40/7283 immatriculé F-AOPJ

C. 275 n° 7567 immatriculé F-AQFX


Caudron C.410 Phalène n° 9/9693 immatriculé F-ANCM


Farman 451 Moustique n° 7546.45 immatriculé F-APKH


Caudron 600 Aiglon n° 93/7194 immatriculé F-AOGO





 

Le magnifique exemple du Sergent-Chef Bougault


A l’avant du «Stampe» avait été posée la photographie du Sergent-Chef Bougault qui restera un modèle pour tous les jeunes élèves-pilotes de l’Aéro-Club d’Ille et Vilaine.


Le nom du Sergent-Chef Bougault se détache aujourd’hui sur l’avion qui formera une nouvelle génération de pilotes. Et tous garderont fidèlement son souvenir.


C’est ce qu’exprima, avec beaucoup de cœur, le pilote Tassel, au cours de l’allocution qu’il prononça au début de la cérémonie après que le Président Aupeste eut prononcé quelques mots de bienvenue à l’égard des membres de l’escadrille 56 [50 ] du Poulmic...


Après avoir rappelé la mort des anciens pilotes de l’aéro-club, M. Tassel parla avec émotion du plus jeune, Hervé Bougault, qui, dit-il, faisait partie d’une élite pensante à l’image de Saint-Exupéry. Vous respirerez ces exemples, poursuivit-il en s’adressant aux jeunes, et vous saurez que l’aviation doit surtout vous élever par le moral.


Madame Paul Hutin s’avança ensuite vers le «Stampe» et brisa la traditionnelle coupe de champagne sur l’avant de la carlingue.


Mademoiselle Philippe répéta ce geste sur le fin et blanc planeur qui reçut le nom d’Albatros.


Gerbes de fleurs..

Ouest-France 21 octobre 1946


La journée de propagande aérienne à Saint-Jacques-de-la-Lande


Stampe SV4C n° 263 F-BCGQ





Alors domicilié à Rennes, 3 rue Lesage, il souscrit le 2 mai 1936 avec l’autorisation de son père un contrat auprès de la société des avions Caudron aux fins d’obtenir à l’école Caudron de Rennes - Saint Jacques de la Lande, son brevet de pilote de tourisme.


Son moniteur est le chef-pilote de l’Aéro-Club d’Ille et Vilaine, Pierre Gillet.


Déclaré apte au pilotage le 22 mai 1936, Hervé Bougault est breveté pilote de tourisme 1er degré (n° 5740) dès le 3 juin 1936, après un total de 18h10 de vol.

Photo Madeleine Le Breton
Photo Madeleine Le Breton

Hervé Bougault est inhumé dans la concession familiale de Guichen (35), pas très loin, à voile d’oiseau, du terrain de Saint-Jacques-de-la-Lande. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de cette commune, ainsi qu’au Panthéon de l’Hôtel de Ville de Rennes.

Le Stampe n° 263, plusieurs fois accidenté, réparé et modifié, vole toujours en 2014, mais ne porte plus son nom de baptême...

Ci-dessous, l’élève-pilote Jacques Le Breton aux commandes du «Sergent-Chef Bougault»

Vincent Lemaire