équipages dans la tourmente



équipages dans la tourmente

 





30 juillet 1939 - atterrissage forcé

Aspt André Cellier en août 1939

Agrandissement de l’insigne de fuselage : le scarabée de la 4/31

Secoué comme un prunier


Le Lt Maurel, adjoint du commandant de groupe, fait passer des examens à Lyon et je dois aller le chercher en avion.

La météo du matin nous interdit le départ jusque vers midi.

En vol Rességuier au poste de premier pilote fait sa sieste pour se réveiller après Bourges : une tempête secoue l’avion comme un prunier et le fait brutalement passer de 1000 à 400 m d’altitude.

Rességuier me dit : « à toi le volant, à moi le palonnier ! »

Les moteurs reprennent à 400 m, le plafond diminue. Après Digoin, crasse complète. Un clocher (Paray le Monial) surgit tout à coup plus haut que le Bloch 200 ! Puis un phare clignotant : c’est un terrain de secours d’Air France sur lequel nous nous posons en catastrophe. Les freins sont inefficaces car plein d’eau, l’avion évite un à pic mais termine en cheval de bois, roulette de queue effacée…

Un capitaine de l’escadre de chasse de Dijon, ingénieur des Arts et Métiers comme moi, vient enquêter. Je pars à Tours chercher des pièces de rechange que je réclame au capitaine Vieville [officier mécanicien de l’escadre] qui commence par sauter au plafond et crie « au fou ! mettre des tôles avec des boulons… ». J’arrive en définitive à le persuader et, réparation faite, Rességuier a pu décoller de justesse avec un seul membre d’équipage à bord et le minimum d’essence.


André Cellier

Le Bloch 200 codé «2» de la 4e escadrille posé in extremis en bout de piste

S/Lt Léo Rességuier au poste de pilotage