équipages dans la tourmente



équipages dans la tourmente

 





11 juillet 1939 - atterrissage acrobatique

Citation à l’ordre de la 3e Région Aérienne


« Caporal-Chef Turbillon, Wilfrid, 31e Escadre Aérienne, 2e Groupe, 3e Escadrille :

Jeune Caporal-Chef mitrailleur arrivant depuis peu de l’Ecole.

Plein d’allant, fanatique du vol a montré les plus belles qualités de sang-froid et de discipline, le 11 juillet 1939, en secondant utilement son Commandant d’Avion, au cours d’un vol et d’un atterrissage rendu périlleux par la perte au départ, d’un demi-train d’atterrissage gauche.

40 heures de vol, 2 ans 7 mois de services


Ordre général n° 67 du 12 juillet 1939 du Général Pastier commandant la 3e Région Aérienne.

AU CAMP D'AVIATION




l'habileté d'un pilote évite une catastrophe



Hier matin, un incident, qui mit en émoi pendant deux longues heures, tout le personnel du camp de Parçay-Meslay, se produisit vers 9 heures, au départ des avions de la 31e escadre.


Un train d'atterrissage endommagé


Les escadrilles, les unes après les autres, "décollaient" normalement, quand, soldats et officiers qui se trouvaient sur l'aire de départ, virent les barres de tension réunissant le train d'atterrissage aux ailes, de détacher de la partie gauche d'un Bloch 200, portant le numéro 67. La roue gauche n'étant plus soutenue se plaça verticalement sous le fuselage.

Aussitôt la nouvelle fit traînée de poudre, et tous les services de secours du camp, alertés, prirent immédiatement leurs dispositions pour prévenir le pilote de l'appareil accidenté : le sergent Aubourg. Malheureusement, il n'y avait pas de radio à bord. Un appareil de reconnaissance, sur lequel on avait peint en hâte "67, train cassé" partit à la recherche de l'avion.


Les secours


L'escadre devant faire un vol d'entraînement d'une heure et demi, les secours eurent donc tout le temps pour être parfaitement organisés.

Bientôt arrivaient sur le terrain deux ambulances, l'autopompe de grand secours, dotée des appareils les plus modernes de lutte contre l'incendie et une autre autopompe de débit inférieur.

Le service sanitaire comprenait le médecin-capitaine Peyre et le sous-lieutenant Journeaux.

 

La 31e escadre s’entraîne activement au vol de groupe en prévision du prochain défilé aérien du 14 juillet...

La suite de l’aventure est relatée par le quotidien «La Dépêche du Centre» :

Ce que devait faire le pilote


La vie de l'équipage était entre les mains du chef de bord, d'une part, et encore plus dans celles du pilote. Il ne restait que deux solutions : sauter en parachute au-dessus du camp et laisser l'appareil percuter au sol ou tenter un atterrissage. Lâcher l'appareil au-dessus du camp ? cet acte aurait pu occasionner une terrible catastrophe, en supposant que l'avion, dans sa vitesse, ait été s'abattre sur Tours. Il fallait donc à tout prix essayer d'atterrir.


L'atterrissage de l'escadre


Un à un les bombardiers, après avoir fait leur tour de ronde au-dessus du terrain, se posent sur le sol. L'angoisse grandit à mesure que les minutes s'écoulent. Les cœurs battent, cependant que les yeux cherchent dans le ciel bleu l'oiseau blessé.

Bientôt les moteurs s'arrêtent; tous, sont posés, sauf un... Celui qui, peut-être, dans une minute, sera un amas de ferrailles léché par des flammes immenses.

Les regards se portent vers lui. Chacun émet une hypothèse. Si seulement, disent les uns, ils allaient se jeter en parachute sur le camp du Ruchard !

Pourtant l'avion perd de la hauteur. A basse altitude, il survole les voitures de lutte contre l'incendie et les ambulances; puis il reprend de la hauteur pour faire le tour du terrain.

Soudain, alors que les moteurs des voitures vrombissent prêts à bondir sur les lieux de l'atterrissage, l'appareil descend.

Le voilà à 100 mètres du sol... quelques secondes... il rase les herbes; la roue pendante s'accroche dans la terre et se détache. L'appareil, sur une roue, fait encore une cinquantaine de mètres, et, à bout de course, frôle de son plan gauche la prairie. Un brusque virage, et le voilà immobilisé.

Les portes s'ouvrent et, un sourire aux lèvres, les cinq occupants, parmi lesquels se trouvaient le lieutenant Grusset [Guisset], le sergent Terrel et le soldat Pajot [Pageaut], sortent de la carlingue.

Le pilote reçut les félicitations de ses chefs et de ses camarades pour cet acte de courage et cette démonstration de savoir et d'habileté.


La Dépêche du Centre

Parmi les Bloch 200, le n° 67 de la 3e escadrille, dont l’équipage est ainsi constitué :


  1. -S/Lt Marcel Guisset, commandant d’avion,

  2. -Sgt Pierre Aubourg, 1er pilote

  3. -Sgt Jean Terrel, 2e pilote

  4. -C/C Wilfrid Turbillon, mitrailleur

  5. -Sdt Louis Pageaut, mécanicien

Sgt Pierre Aubourg

Sdt Louis Pageaut

Camp de Parçay-Meslay, 22 juillet 1939


Prise d’armes à l’occasion de laquelle le colonel Jury donnera lecture des citations individuelles à l’ordre de la 3e Région aérienne des 5 membres de l'équipage du Bloch 200 n°67 :

de gauche à droite : S/Lt Guisset, Sgt Aubourg, Sgt Terrel, C/C Turbillon et Sdt Pageaut.

Les citations des 4 autres membres de l’équipages demeurent encore à découvrir...

ATTENTION !

Les photographies ci-dessous d’un Bloch 200 NE SONT PAS celles du n° 67 mais celles du n° 207, accidenté à une date pour le moment inconnue.

Dans la mesure où l’incident présente plusieurs similitudes quant au résultat, il m’a semblé opportun de les publier provisoirement ici.

ATTENTION !


Les photographies ci-dessous d’un Bloch 200 NE SONT PAS celles du n° 67 mais celles du n° 207, accidenté à une date pour le moment inconnue.


Dans la mesure où l’incident présente plusieurs similitudes quant au résultat, il m’a semblé opportun de les publier provisoirement ici.

extrait du carnet de vol de Wilfrid Turbillon